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27 décembre 2011

Plus rien ne s'oppose à la nuit


Modeste hommage littéraire au magnifique livre de Delphine de Vigan qui m'a émue.

Comment en est-on arrivé là, dis, comment? A ma main sur le téléphone, et mon corps qui tremble, fébrile, fiévreux. Ce corps que je ne contrôle plus et qui cède, lui, avant tout le reste, tout ce reste que je ne m'autoriserais plus à laisser craquer, malgré les larmes sur mes joues, les coupures dans ma voix, que je maintiens calme, si calme. Impossiblement calme. Mon corps ne m'appartient plus mais c'est pour mieux penser, froidement penser. Penser à cette ligne impossible à établir, à cette communication impossible à établir avec toi. Toi. Toi que je n'appelle plus, par peur de te parler, parce qu'il me faut des jours, parfois des semaines pour m'en remettre, avec ce mélange de tristesse, de culpabilité et de colère dont j'entoure toujours ces moments avec toi. Toi que je cherche sans fin au bout du fil aujourd'hui, frénétiquement, par peur de ne jamais, plus jamais te parler. Toi qui t'es coupé de moi, de nous, du monde. Pour mieux souffrir et pour mieux nous faire souffrir aussi. Même si tu t'en défendra après, car j'ose encore y croire à cet instant qu'il y aura un après. Toi qui dérive depuis si longtemps, si longtemps, je m'en rends compte, là, maintenant. Vraiment. Bien avant que j'ai conscience que ce que je prenais pour une normalité - comment peut-on penser que ce qu'on vit n'est pas la normalité – une fatalité, n'était que le signe, les signes, d'un dysfonctionnement. Parce que c'est quoi sinon dysfonctionnel, moi isolée dans cette chambre noire, froide, la tête appuyée contre la fenêtre, regardant les yeux écarquillés l'infinité sombre de cette nuit de noël, alors qu'en bas ils sont tous réunis dans le halos du poêle, à boire à rire et à lever les yeux de temps à autre vers l'escalier, vaguement inquiets, confus quant à ce que je fais là haut et le trouble qu'ils ont perçu en moi quand après moult tergiversations -non pas aujourd'hui, pas encore – j'ai fini par monter pour essayer vainement de te joindre, de joindre la terre entière avant et après toi en priant très fort pour que tu ne sois pas seul. Pas trop. Et surtout, surtout, que tu ne te sois pas foutu en l'air.
Encore.
Alors je parle, calmement, à la terre entière, qui n'est pas dupe mais qui donne le change, pour trouver une solution, une piste de solution, pour percer ta solitude que j'imagine, devine, sens, avec le 6ème sens qu'ont les chiens, ces braves chiens, pour leur maitre, avec cette empathie inutile puisque tu es si loin, si loin et que ça fait si longtemps que j'ai fait en sorte qu'on ne puisse plus s'atteindre, pour arrêter de se détruire et pour que le mal que tu te fasses, sans le vouloir, j'espère toujours sans le vouloir, tu le fasses à toi seul. Alors je parle, le corps soulevé de spasmes, ces maudits spasmes qui me rattachent encore à cette partie de moi que tu arrives à toucher. Et mon cerveau tourne à toute vitesse. Plus vite que d'habitude. Plus vite encore que lorsqu'il a fallut faire face à toutes ces situations, toutes ces situations sans nom qu'il a fallut appréhender vite et bien, sans flancher, jamais, car flancher c'est tomber, sombrer, se perdre sans possibilité de retour et que ça non, ça vraiment non, ce n'est pas possible.
La petite mécanique qui ne s'arrête jamais est lancée à plein régime et tourne, tourne, méprisante du cœur qui s'est arrêté et du corps qui lâche, mollement, faiblement. Elle pèse le pour, le contre et toutes les possibilités. Elle avance inexorablement. Jusqu'au mur.
Voilà.
Ce mur tant redouté et que je connais bien. Ce mur qui m'oblige à le franchir de manière irréparable. Et le calme tout à coup qui s'empare de moi puisque la décision, déjà, fait son chemin, comme les autre fois, comme une évidence. Et le corps qui s'appesantit. Et la voix qui se plombe également, usée, fatiguée comme clouée au sol. Ce dernier appel que je passe, en en connaissant l'issu. Pour me justifier de quoi? Me dédouaner de quoi? M'entendre dire une millième fois que je n'y suis pour rien et que oui, j'ai fait tout ce que je pouvais, mais qu'on n'empêche pas, non, on n'empêche pas les gens de vivre, ni de mourir, comme ils l'entendent? Et qu'il faut l'accepter? Alors une millième fois je ferme les yeux et je fais semblant. Et j'éteins les lumières derrière moi et je rejoins les autres, le bruit, la vie qui continue, ce soir, surtout ce soir. Et je m'entends dire des mots autours du poêle que je m'efforce de croire. Un peu. Parce que là tout de suite je n'ai plus vraiment la force d'être honnête, avec eux ni avec moi-même et qu'il faut bien aller au plus facile parfois, comme respirer. Voilà, ça passe. C'est passé.
Et demain tu m'appelleras, ou pas, et on aura tout oublié ou fait semblant d'oublier. Parce que me mettre en colère ne sert plus à rien, que la nuit est sans fin et que rien ne s'y oppose. Jamais.
Non. Rien ne s'y oppose.

20 novembre 2011

Non, non, non, je ne veux pas prendre l'air

Non, non, non, je ne veux pas boire un verre.

Il y a des matins comme ça où on se réveille avec une chanson à la con dans la tête. Un chanson bête et qui vous colle à la peau comme un mauvais déguisement, qu'on aurait enfilé à la va vite et sans regarder où se trouvait la fermeture éclair. Une chanson qui rythme le reste de votre journée et en décide la couleur malgré vous.

Ce matin, mon corps pèse cent tonnes, ou mille, et mon esprit colle à ma carcasse, englué, attrapé.

Il fait beau pourtant dehors, alors je m'arrache aux draps en y laissant un bout de peau, un autre de cerveau, et nous épluchons la liste des choses qu'on avait envie de faire. Hier. Il y a un siècle déjà. Avant que le corps ne nous lâche lorsque les pensées trouvaient encore leur chemin hors de cette nébuleuse qui nous sert de cerveau.

Non, non, non, je ne veux pas prendre l'air...

Alors zut, on s'assoit, on se fait un thé, un café, un chocolat et on profite de la joie régressive de NE PAS sortir alors qu'il fait beau et que nous sommes censé le faire par contrat tacite avec la vie parisienne qui stipule, paragraphe 5 alinéas 2: « Tu ne resteras point chez toi un jour de beau temps étant entendu qu'on ne sait jamais de quoi le ciel de demain sera fait » (même si en vrai on suppute souvent à raison, et particulièrement lorsque demain est un lundi, qu'il fera moche, voir très moche, un temps pourri et crasseux, humide froid et déprimant).

Et lorsque je me retrouve dans cet état léthargique, amorphe, l'instinct ressurgi et corps et tête convergent, sans réfléchir, vers leurs doudous respectifs, rassurants, apaisants: un bon chocolat chaud espagnol et un livre refuge, de ceux que j'ai lu mille fois déjà sans me lasser et que je transbahute de lieux en lieux, de ports en ports. Les seuls qui ont survécu miraculeusement aux dizaines de déménagements que j'ai pu faire en 5-6 ans.


 
Et finalement, se laissant caresser par les mots, le soleil et la douceur du chocolat... on n'est pas si loin du bonheur, non?

Comme je suis sympa, je partage avec vous ma recette personnelle de chocolat chaud à l'espagnol que les puristes n'apprécieront certainement pas, mais qui fait le bonheur de mes après-midis de néant:

Recette du chocolat chaud à l’espagnole

27 octobre 2011

Il serait temps de s'y remettre non?

Salut les amis de la toile,

Long time no see... il s'en est passé des choses! Du côté perso déménagement, mariage, voyages... du côté boulot:  de longs déplacements à l'étranger, un changement de poste, et en annexe une nouvelle activité de chroniqueuse pour un journal culturel en ligne...
Si ce blog est resté sur le carreau, l'envie d'y noter mes impressions, mes envies, mes coups de coeur, bonnes adresses et mauvaises expériences ne m'a pas vraiment quitté. Rien de concret à vous mettre sous la dent pour l'instant mais une sacré besoin de reprendre le clavier...
Alors si j'osais, j'aimerai vous dire: à très bientôt...
Pour de nouvelles aventures.
Car j'ai toujours un avis sur tout.
Et donc forcément sur rien!

28 août 2010

Le creux de mon ventre


Il y a des creux

Le creux de la nuit, le creux de ton lit
Les creux comme un nid.

Le creux de mon ventre

L’envi comme une bête enfouie
Et je ne savais pas


Dans la chambre grande ouverte, le ciel éclate, le vent s’engouffre
Gonfle nos cœurs

Nous partons

Sans savoir, sans comprendre
Avec l’espoir, au creux de mon ventre
Et l’envie comme une bête

Tapie

Au creux de la nuit, au creux de ton lit.
Le creux de mon ventre
Qui grandi et qui pèse

Toute une vie

Et bien plus

Le temps d’un silence
Le temps d’un non-dit


Le temps d’une larme

Versée

Au creux de vies

Dans nos voiles emmêlées, tu ris et nous repartons
Nos cœurs posés au creux de nos ventres
Et l’envie comme une bête
Nous suit
Nous précède
Nous partons mon amour


Nous partons


Conquérir le monde


Et bien plus


Le creux de mon ventre

7 juin 2010

Interruption momentanée des programmes

Bon, je me rends compte que « la semana que viene » est en train de se transformer doucement en la semaine d’après, voire le mois d’après, voire…

Oui, besoin d’une pause. Physiquement, parce que ça fait un bout de temps que je couuuuuuuuuuuuuuuuurs, toute la journée, couuuuuuuuuuuuuuuuuuuuurs de décembre en été, de la nourrice à la baby-sitter … désolée, ai pas pu m’empêcher ! :)



Ce blog, ça prend du temps. J’ai besoin de me mettre à jours du reste avant de repartir là-dessus.

Et puis moralement aussi.



Pour tout vous dire, je me pose des questions. Ma vie, ce blog, bla bla bla, faisons court : après quoi je cours, et quel besoin j’ai ainsi de m’exposer ? Pas de réponse évidente. Ce que je sais c’est que l’envi est là. Envi d’écrire, envi de partager (de me défouler en un sens certainement). Bon et ne nous voilons pas la face, envi de reconnaissance aussi. Envi que ma vie soit plus qu’une journée de taf de 8h. Envi de sens.



Pas facile à trouver.



Et même si le mieux, parfois, ce serait de ne pas trop se poser de questions, il me faut, moi, ces moments de latence pour repartir.



Merci ami (tu te reconnaitras), pour cette soirée de vendredi, pour tout ce qu’on a pu échanger et qui m’a fait réfléchir. Et comprendre quelques trucs aussi. Même si pour l’instant ça ne mène pas à grand-chose. Un pas après l’autre.







Be back soon.







Con ganas !

18 mai 2010

Femme de (sur)ménache!

Vous avez remarqué, comme nous, les femmes, avons tendance à nous mettre une sacrée pression pour être tout à la fois vaillantes, courageuses, multitâches et sexy. De bonnes mères, de bonnes épouses, de bonnes amantes, de vraies professionnelles qui mènent une vie tambour battant mais savent rester souriantes quand il pleut sur leur brushing ? Ou tentent de le rester.

La faute ? A nous même !

19 avril 2010

Un accès de fièvre puponique

Maman j’ai mal au ventre, et puis je crois que j’ai de la fièvre. Si ça se trouve c’est la fièvre puponique et s’est super contagieux et je veux pas que la maitresse l’attrape. Sophie, elle m’a dit que les gens qu’avaient la fièvre puponique et ben ils avaient directement la 40 aine, et je veux pas devenir si vieille moi. Et puis aujourd’hui on fait les divisions et ça m’ennui moi les divisions, j’ai tout compris et la maitresse elle fait rien qu’à réexpliquer comment on fait. C’est nul.


Maman fait un bisou sur le front pour constater qu’il n’y a bien pas de fièvre, met un peu de sucre dans un verre d’eau et s’assoit à côté de sa progéniture inquiète pour lui administrer le remède.
Allez aujourd’hui on reste à la maison, on fait des crêpes et on regarde des dessins animés. Demain ça ira mieux. C’est pas grave, ça arrive. Un peu d’eau sucrée, plein de bisous, une journée tranquille et ça repart.

 
Bonheur de l’enfance… j’aurai bien besoin d’un mot de ma maman aujourd’hui, pour expliquer à la maitresse que je suis malade et que je ne pourrais pas venir travailler.

 
On fait quoi quand on n’arrive plus à se motiver pour son travail ? Quand on attend avec impatience la soirée, qui passe toujours trop vite, avant de dormir et hop, il faut tout recommencer le lendemain ? Quand on n'arrive plus à s'intéresser aux problèmes à gérer, aux appels des fournisseurs qui sont en retard et des clients en colère?
Pour la première fois de ma vie, moi qui ai toujours été passionnée par ce que je faisais, je me lève le matin pour payer mon loyer et pas grand-chose de plus… j’essaye de ne pas trop me poser de question. Parce que j’aimerai bien que ce soit juste un bête accès de fièvre puponique et que ça passe avec un peu de repos et un verre d’eau sucré…

16 avril 2010

Petit essai littéraire: ode à la futilité

Un rien suffisant
 
Le poids d’une plume. Un rien en plus ou en moins par rapport à hier. Un rien inexplicable et qui peut faire toute la différence. Si je pouvais mettre des mots, trouver des causes, expliquer, rationnaliser comme je sais si bien le faire, aurai-je l’impression de mieux contrôler ? L’inexplicable fait peur. Comment le combattre ?

Parfois il m’arrive de penser que ma vie est une longue fête à laquelle on aurait oublié de me convier. Le genre de fête où vous êtes là par hasard, non souhaité. Le monde tourne et s’amuse et vous n’y prenez pas part.

Différent.

Souvent je m’écarte du monde, des gens, de la vie. Au milieu de la foule je me sens seul.

A part.

Comment reprocher au monde de me laisser de côté, moi qui l’abandonne si souvent ?
Comment continuer honnêtement avec ce qui semble soudain une grande hypocrisie ? Un grand vide sans nom.

Si vain.

S’abrutir. De mots, de sens, de futile. S’accrocher au présent, aux autres, à leurs envies. Les faire miens, en attendant. Se forcer à prendre part sans se perdre.

Attendre.

Ca passe, ça finit toujours par passer.

S’accepter.

Avec cette ombre qui parfois s’abat sur moi et que j’ai appris à reconnaître. A apprivoiser.
Accepter les conséquences.
Accepter d’être à part.
Accepter de le montrer.

Car il me faut savoir.

Savoir qui ne se détournera pas de moi. Jamais. Malgré l’ombre. Malgré qu’ils n’y puissent rien changer.

J’ai cherché des causes, saisi des mains et fini par comprendre qu’il ne fallait rien attendre. Le monde ne me doit rien. Je ne lui dois rien non plus. Même d’être ce qu’il voudrait de moi. Ou ce que je pense qu’il voudrait de moi.

J’ai changé de lieux, changé de projets. Une fois, mille fois, à la recherche de sens. Mais 1000 km ne m’ont jamais séparé de moi-même et tout ce que je fais ne me renvoi qu’à ce que je suis et partout, dans tout, il me faut bien affronter mon ombre.

Ici et maintenant.

Et je me dis qu’il me faut ces moments de vide pour apprécier les pleins. Il me faut cette petite piqure de rappel. Et ne pas sombrer.
Parce que je le sais, remonter est dur. Parfois impossible. Je m’accroche.
A une plume, à un rien.

Un rien suffisant.

9 mars 2010

Et la journée du lave vaisselle, c'est pour quand?


Hier donc (au cas où vous vous seriez coupé des médias et seriez parti vous exiler en Ouzbékistan pour élever des chèvres, bien heureux être humains !), c’était la journée de la femme.



Autant vous le dire tout de suite, moi, les « journées de » (de la femme, de la paix, de la Corse, des lépreux, de la prière pour la Birmanie, de la photographie au Sténopé, des orphelins du SIDA etc. – je n’invente rien, vous pouvez en consultez la liste exhaustive ici ), je ne suis pas fan.

5 mars 2010

Yeah, I'm a legend. You know, they call me the cautionary whale



" Bon et toi alors… quand est-ce que tu t’y mets ? "




Petite phrase anodine à la machine à café…

Ca y est …


J’ai atteint l’âge fatidique.

Quel âge ?


L’âge…



(Attention, exposition de ma grande théorie sur le sujet !!)


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